Loading
Create website free

Bête du Gevaudan et Jean Chastel (Lozère Haute Loire)

Chast avec Fus JRichard2
Livre loup049
P1020242

    Qu' était vraisemblablement la bête?  

L'animal peut-il être un loup? Les traces laissées par la bête sont celles d'un très gros loup, d'après François Antoine, le porte- arquebuse de Louis XV. Les différents témoignages parlent souvent d'un animal ressemblant au loup, mais différent par sa taille plus grosse, sa gueule plus large, et ses couleurs ( rousse avec une raie noire sur le dos, et du blanc sur le poitrail).

Il faut savoir que les enfants de l'époque, mesurent 0,60 à 0,80 mètre à l'âge de 6 ans, 1 mètre à 10 ans et 1,30 mètre pour les plus grands à 14 ans, ce qui est beaucoup plus petit que de nos jours. Ces tailles sont dues à la malnutrition, qui touche les campagnes du XVIIIème siècle. Ceci explique que ce ne soient pas des adversaires redoutables pour un canidé de grande taille.

Le loup est un animal qui vit et chasse en meute. Selon les éthologues, attaquer l'homme n'est pas son comportement normal. Le loup ne le fait que s'il est enragé (dans ce cas il meurt en 2 semaines au maximum), ou que si il est acculé et encore dans certains cas, il est paralysé par la peur.

Aurait-il pu être la bête? Cela semble difficile, car on en tuait environ une centaine par an en Gévaudan à cette époque, et ils se savaient menacés par l'homme, à moins que certains ne se soient habitués à la chair humaine, ce qui n'est pas prouvé.

Il reste la piste de l'hybride Chien-loup. Elle semble plus évidente, car l'hybridation est possible. Cela donne des animaux timides en première génération, mais aux réactions souvent imprévisibles.

Un hybride ne trouvera pas facilement une meute, car il risque d'être rejeté, n'étant pas un pur loup. Dans ce cas, il lui reste la solitude, (ce qui ne l'empêchera pas obligatoirement de trouver une compagne, elle-même en rupture de meute). Il est alors très difficile de chasser seul un cerf, ou un sanglier, qui sont des animaux parfaitement capables d'éventrer un gros canidé seul, d'un coup de leurs bois ou défenses.

Les petits bergers du Gévaudan gardent surtout des troupeaux de vaches de 300 kg en moyenne, avec des cornes. Là encore, la vache peut se défendre efficacement contre un animal de la taille d'un loup.

En fait, le petit berger de 0,60 à 1,30 mètre de haut s'avère le gibier le moins difficile à surprendre, et le moins apte à se défendre.

Poussé par la faim, notre animal en tue un premier qui s'était endormi. Voyant que c'est très facile, et tendre à manger, il n'a pas beaucoup de raisons pour ne pas continuer.

Quand au fait que certaines  victimes aient été décapitées, il faut savoir que le cou d'un enfant de 0,80 mètre fait 6 cm de diamètre, et que celui d'un enfant d'un mètre 10 fait 8cm de diamètre. Rien de bien difficile à couper pour un animal qui ouvre sa gueule à plus de 15 cm, et qui dans beaucoup de cas emporte sa victime en la tirant par le cou.

C'est peut-être ainsi que l'histoire de la bête a commencé et perduré pendant 3 ans. La description précise faite par le notaire royal "Marin"de l'animal tué par Jean Chastel, fait beaucoup penser à un hybride de chien et de loup.

Sans affirmer à 100% que c'est ce qui s'est passé, c'est peut-être la clef de l'énigme.

    La bête selon les Historiens

D'une façon générale, pour nos historiens actuels, (à l'exception de Frank Ferrand qui recevant Michel Louis dans son émission radio, soutient la thèse de l'animal mené par l'homme) la bête serait un ou plusieurs loups. En effet, ils s'appuient sur les relations écrites d'attaques de loups à travers l'histoire. Ils s'opposent parfois aux éthologues comme Gérard Ménatory, ou Michel Louis, qui affirment que le loup qui n'est pas enragé, n'attaque pas l'homme ou alors exceptionellement s'il est acculé, mais jamais en série comme la bête du Gévaudan.

Un historien comme Jean-Marc Moriceau est lui persuadé du contraire, ayant répertorié plusieurs milliers de témoignages écrits d'attaques de loups depuis la fin du Moyen-âge, et n'envisage pas que nos ancêtres soient tous des affabulateurs.

Guy Crouzet, historien ayant retrouvé de nombreux documents anciens très importants dont l'arbre généalogique de la famille Chastel, pense aussi que si les loups d'aujourd'hui en petit nombre ne semblent pas agresser l'homme, cela ne veut pas dire qu'ils ne l'ont jamais fait alors qu'ils étaient plusieurs dizaines de milliers en France au 18ème siècle, et habitués à manger les cadavres laissés sur les nombreux champs de batailles. Il ajoute qu'une hyène a pu se trouver mêlée à l'affaire, s'étant échappée d'un convoi d'animaux exotiques en route pour la ménagerie privée de quelque riche personnage. En effet ces animaux africains arrivaient souvent par le port de Marseille et remontaient vers le nord du pays, répondant à une mode très en vogue dans la riche noblesse de cette époque.

Un accident par exemple (chute dans un ravin quibrise la cage) expliquerait ce genre d'évènement.

En tout cas, la plupart des historiens actuels, y compris Jean Richard et Bernard Soulier, ne croient pas à la participation volontaire d'un tueur en série, ou d'un manipulateur de "Bête".

                       Le fusil de Jean Chastel

Fusil à deux coups à platines à silex, analogue à celui utilisé par Jean Chastel pour tuer la bête. Le fusil de Jean Chastel présenté à la mairie du Malzieu le 4 aout 2011, répond parfaitement à ces caractèristiques.

Ce type d'arme, d'un calibre de 15,1 mm ( calibre 24 du 18ème siècle, très courant à l'époque. Les calibres de chasse ont été légèrement modifiés en France en 1911), utilise pour la chasse au gros gibier, soit des postes à loup (chevrotines) de 5 à 9 mm de diamètre, soit une balle de calibre comme la charge de Jean Chastel. 

Cette arme chargée à 3,5 grammes de poudre noire (4,5 grammes au 18ème siècle) expédie la balle de 19 grammes en plomb à une vitesse d'environ 350 mètres par seconde. A 50 mètres, la balle perce une poutre de 18cm en pin, en la faisant éclater à l'arrière.                  (Voir la vie de Jean Chastel page 3)

Gevaudan2

                  La fin de la bête

Le 19 juin 1767, vers 10 heures, Jean Chastel embusqué à la "Sogne d'Auvers", tue un animal que le rapport du notaire royal "Marin" nous présente comme un gros canidé mâle d'un peu plus de 50 kg ce qui dépasse le poids des loups de l'époque qui excèdent rarement 35 à 40 kg.

La sogne désigne un petit marécage, et Auvers est au 18ème siècle, un hameau situé sur la commune de Nozeyrolles, sur les flancs du mont Mouchet.

Etait-ce la "Bête"? Toujours est-il qu'après cet épisode, les attaques ont cessé. La tranquilité est revenue dans le pays du Gévaudan. La louve qui semblait accompagner la bête à été tuée quelques jours après par Jean Terrisse. Chastel reçu 72 livres de récompense. (VOIR LA VIE DE J.CHASTEL PAGE 3)